LE PLAISIR DE L'ECRIT
Je vous propose de lire un texte dont l'auteur m'était inconnu, je l'ai reçu un jour par mail. Il m'a plus donc je vous en fait profiter .
Un erudit (googlien ? ) passionné de vins de bourgogne , ma informé que l'on doit ce texte à Jean Denis BREDIN, de l'Académie Française.
Vive l’écrit - Le Plaisir Parler, c’est terrible ! Les mots dits sont dits. Impossibles à raturer. Il faut se donner un mal fou pour tâcher de les noyer, de les corriger, mais rien n’y fait. C’est trop tard. Les mots dits ne sont pas des amis. Ils ne cessent de trahir. Ils se font aussitôt ramasser, exploiter. Ils servent contre vous.
Convaincre ? Expliquer ? Plaire ? Raconter ? Les mots dits n’arrêtent pas de parler de vous, et d’en parler mal. Indiscrets, Prétentieux, Maladroits, Ennemis nés. Parler est fou.
Tandis qu’écrire. Je vais fermer la porte, tirer les rideaux. J’allume une petite lampe, une lampe toute proche, juste de quoi éclairer ma page blanche. Il pleut dehors ou il ne pleut pas, il fait jour ou nuit, je ne sais : ici, autour de ma page blanche , tout m’est propice, et familier. J’avance et je recule ma chaise, elle fait ce que je lui demande? Autour de moi, rien que des amis.
Le crayon aussi est un ami, ou le Bic, ou le stylo. Un véritable ami : prévenant, attentif, toujours prêt à faire plaisir, et qui ne vous en veut de rien. S’il se casse, s’il reste sec, s’il meurt, j’en change. Un ami léger, qui veille à ne pas faire souffrir.
La page blanche aussi est une amie. Elle attend, si belle, et disponible ! Je risque fort d’être odieux avec elle, de m’occuper des mots plus que d’elle, de la mépriser, de la déchirer. Elle s’en moque. Elle n’est là que pour me plaire, et m’aider.